Service militaire universel : Macron en passe d’abandonner totalement ce projet

Communiqué de Christian Blanchon
Référent national aux questions de Défense
Général (2S)

 

Le 18 mars 2017, lors d’un discours sur la politique de défense, Emmanuel Macron annonça son intention, s’il était élu président, d’instaurer un « service militaire universel » d’un mois, que tout jeune, fille comme garçon, serait tenu d’effectuer dans un délai de trois ans après son 18e anniversaire.

 

« Chaque jeune Français ira ainsi à la rencontre de ses concitoyens, fera l’expérience de la mixité sociale et de la cohésion républicaine durant un mois », avait alors fait valoir M. Macron, pour qui ce service militaire universel devait permettre aussi de disposer d’un « réservoir mobilisable complémentaire de la Garde nationale », en cas de crise et de « renforcer le lien armée nation ».

Le coût de ce service militaire universel, avait été estimé à 15/20 milliards d’euros pour sa mise en place et à 1,5/3 milliards d’euros par an en « régime de croisière ». Et ces sommes ne devaient pas être prises en charge par le budget du ministère des Armées.

 

Au moment où M. Macron fit cette annonce, plusieurs responsables politiques, de droite comme de gauche, plaidaient aussi pour ce retour du service militaire. Une idée par ailleurs populaire au sein de l’opinion publique (à hauteur de 60 à 80%, selon les sondages).

 

Finalement, à en croire une information donnée par France info, la piste privilégiée (du moins par les députés chargés de remettre un rapport sur ce sujet) serait de mettre en place un « parcours citoyen » en lieu et place d’un service national obligatoire. Cette solution aurait l’avantage d’être peu coûteuse.

 

Ce « parcours citoyen » commencerait ainsi dès le collège, avec une semaine par an dédiée à « la défense et à la sécurité, mais aussi aux gestes qui sauvent, aux droits et devoirs, ou à la mémoire », explique France info. Une seconde étape serait prévue en classe de seconde, avec « une semaine d’immersion pour favoriser la mixité sociale et les valeurs fraternelles ». Enfin, en dernier lieu, un passeport « citoyen » serait délivré à chaque jeune afin de lui permettre de « prolonger son engagement après ses 16 ans s’il le souhaite » et de lui offrir « certaines facilités, comme entre autres, un accès simplifié et moins cher au permis de conduire. »

 

Au bilan, on passe bien d’une promesse électorale largement plébiscitée par l’ensemble des partis politiques comme des électeurs à un abandon total de l’objectif initial : cohésion sociale et esprit de défense.

 

Pour les Patriotes, un service national universel de quatre mois est tout à fait envisageable. Deux mois seraient consacrés à une formation militaire de base pour inculquer l’esprit de défense et les principes fondamentaux de discipline et d’autorité. Les deux autres mois se dérouleraient sous la forme d’un service civique au sein de services publics (hôpitaux, pompiers, SAMU social, etc.).

Pour accueillir et former les nouveaux conscrits, un besoin de 200 centres (en moyenne deux par départements) avec leur encadrement serait nécessaire.

 

Le prix à payer ? Celui d’un modèle de société qui retrouve la volonté de vivre ensemble au-delà de tous les clivages.