Fake News : une loi pire que le mal qu’elle prétend combattre.

Communiqué de presse de Florian Philippot
Député français au Parlement européen,
Président des Patriotes.
 

Le projet de loi contre les « fake news » examiné à l’Assemblée nationale à partir d’aujourd’hui doit attirer la vigilance de tous les citoyens. Sous couvert d’intentions louables (qui voudrait ne pas combattre le mensonge ?), cette loi menace en réalité très gravement la liberté d’expression et la liberté d’information dans notre pays. En effet, la définition retenue pour qualifier une fausse nouvelle, à savoir « toute allégation ou imputation d’un fait dépourvue d’éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable », est si vague et si floue qu’elle crée les conditions d’une censure abusive et arbitraire, renforcée par la procédure choisie confiant à un juge unique des référés le soin de dire le vrai et le faux.

 

Face à une telle définition et à une telle procédure expéditive, combien de journaux d’investigation auraient pu voir leurs enquêtes censurées par le passé pour des faits qui, a posteriori et des années plus tard seulement, se sont révélés justes et incontestables ?

 

Dans ces conditions, il apparaît que le remède pourrait bien être pire que le mal. En outre, l’un des effets pervers d’une telle loi pourrait être de focaliser toute l’attention médiatique en période électorale sur les référés à la chaîne qui ne manqueraient pas de se produire sur tout et n’importe quoi. Au risque de censure s’ajouterait donc, comme ultime désagrément, celui d’encombrement des tribunaux et d’encombrement du bruit médiatique, privant les Français de campagnes électorales de fond.
 

La France dispose déjà d’un dispositif législatif permettant de lutter contre les diffamations et les fausses nouvelles. Celui-ci est amplement suffisant et ne justifie absolument pas une loi qui porterait si gravement atteinte à la liberté d’expression et d’information. La sincérité des scrutins est aujourd’hui bien moins menacée par les bêtises qui peuvent circuler sur les réseaux sociaux que par les liens toujours plus étroits qui existent entre le monde de l’argent et certains politiques. A cet égard, les révélations du jour sur les comptes de campagne d’Emmanuel Macron posent des questions autrement plus sérieuses sur lesquelles, curieusement, le gouvernement n’entend pas apporter de réponse législative.